Istanbul, Capitale des empires

Des Empires et une Capitale

Tel un Janus, la ville a deux visages.

Elle est, sans doute d’abord, intemporelle. Vue depuis des collines, la ville est majestueuse. C’est un cliché presque banal, une image mainte fois reprise et généreusement diffuse qui arrive pourtant toujours à laisser ses spectateurs sans souffle. Les silhouettes n’y bougent pas et le temps semble être suspendu sur l’arrière plan des monuments plusieurs fois séculaires. Le coucher de soleil y donnant ses meilleurs jeux de lumières, Istanbul semble être éternelle à ses spectateurs. Là, elle est à l’image de son pays.

Néanmoins, elle est aussi dans le temps présent. Comme un geste brisant un tableau figé, chaque jour, les deux rives du Bosphore sont liés par des mouvements incessants des bateaux blancs. Ces derniers lient machinalement les « Rıhtım »s des deux continents et ce mouvement semble, à son spectateur, être sans fin. Dans cette circulation qui déchire ce qui semble être éternel, il y a, d’abord, le mouvement. Et il est beaucoup plus que d’être un simple aller-retour du quotidien. Istanbul est une ville qui bouge. C’est une ville qui n’a jamais cessé de bouger, de changer. Peut-être, malgré elle, mais jamais. Dans chaque décennie, elle a trouvé une nouvelle dynamique de changement, de bouleversement, de transformation. Elle a toujours su se transformer. C’est son deuxième visage et là, elle est précisément le reflet de son pays, la Turquie.

Au milieu des bouleversements, au tournant des changements, si la ville a su garder son coté intemporel, comment la comprendre? Mais encore, comment la découvrir et faire découvrir cette dualité d’esprit des deux mondes cachée sous ces deux visages ?

Quel regard faut-il porter devant ce paysage traversé par ce lien profondément complexe entre le passé et le présent? Ne suffit-il que de contempler la beauté d’une terre millénaire généreusement couronnée par la nature? Comment transmettre toutes les épreuves que ce pays avait dû traverser?

Tant de questions que nous cherchons à répondre.

« Tous les soleils couchants sont des soleils couchants, nul besoin d’aller les voir à Constantinople. » disait Fernando Pessoa, dans ‘Le Livre de l’Intranquilité’. Il avait tort.

Il faut y aller. Il faut le contempler. Et plus qu’une seule fois. Car, chaque jour y gardant une nouvelle lumière, l’éternel coucher de soleil n’y est jamais le même. Chaque jour, Istanbul, tout comme la Turquie entière, se réinvente et reste, pour cela, à écouter.

Istanbul reste, pour cela, toujours à suivre…

Paru dans sa version originale et inédite, pour la première fois, dans le livre spécial : « Les Unes d’Aujourd’hui la Turquie« .

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